Chapitrede la Cathédrale. Le chapitre cathédral est une institution millénaire, un corps de prêtres constitué pour assurer dans la cathédrale la prière pour le diocèse. Jusqu’à la révolution, les
Lesecret de la cathédrale ; Catalog add this page. Bookmark this page; Le secret de la cathédrale . Auteur(s) Nicodème, Béatrice. 1951. Editeur . Paris : Hachette Jeunesse , 2006. Description . 221 p.. ; 18 x 13 cm. Collection . Le livre de poche jeunesse.Policier;0223-. ISBN . 2-01-. Résumé . Sur le chantier de construction de la cathédrale d'Amiens, les morts
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Résuméde Le secret de la cathédrale Sur le chantier de construction de la cathédrale d'Amiens, les morts succèdent aux accidents dans d'étranges circonstances. L'édifice est-il maudit ? L'équipe des bâtisseurs cache-t-elle un meurtrier ? C'est ce que Colin, jeune tailleur de pierres, veut découvrir après la mort de son père, le
500mots 2 pages. Montre plus. Le secret de la cathédrale. Béatrice Nicodème. Le 6/11/12. *****/***** J’ai mis 4/5 à ce livre : Le secret de la cathédrale, bien qu’étant un livre policier
Meurtredans la cathédrale. 1170 mots | 5 pages. Dans le palais de l'archevêque de Cantorbéry, des femmes (le chœur) se lamentent en exposant la situation au spectateur : Thomas Becket, l'archevêque primat d'Angleterre, s'est querellé avec le roi Henri et s'est réfugié en France depuis 7 ans. Le roi de France et le Pape en ont profité
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Le livre best-seller Le secret » est incontournable dans le domaine du développement personnel. Il introduit le concept de la loi de l’attraction. Découvrez, ci-dessous, un résumé complet de ce livre. Le Secret » de Rhonda Byrne fait partie de ces livres qui ne laissent pas indifférent. Ce livre nous explique que la loi qui détermine l’ordre de l’Univers, chaque moment de notre vie et chaque chose que nous expérimentons durant notre vie, est la loi de l’attraction. Le livre inclut de très nombreux exemples. Dans cet article, je vous expose les principaux sujets du livre tels qu’ils sont expliqué par l’auteur. Ce n’est ni une interprétation personnelle, ni un reflet de mes pensées. Retrouvez ici notre réflexion concernant le livre le secret » et les concepts expliqués. Résumé du livre le secret » Voici ci-dessous les principales idées du livre et de la loi de l’attraction. Qu’est-ce que cette loi de l’attraction ? Tout ce qui arrive dans notre vie, nous l’attirons dans notre vie. Tout est attiré vers nous en vertu des images que nous avons dans notre esprit. C’est ce que nous pensons. Peu importe ce qui passe par notre esprit, nous l’attirons. Chacune de nos pensées est une chose réelle, une force. D’après l’auteur du livre, les personnes qui ont marqué les siècles telles que Shakespeare, Beethoven, Da Vinci, Goethe, Victor Hugo, … ont considéré cette loi comme la loi la plus puissante de l’Univers. La loi d’attraction dit que le positif attire le positif donc lorsque vous avez une pensée, vous attirez les pensées qui lui ressemblent. Les pensées sont magnétiques et ont une fréquence. Lorsque vous émettez une pensée, elle attire celles qui sont sur la même fréquence. Donc si vous souhaitez changer quelque chose dans votre vie, changez les fréquences que vous émettez en modifiant vos pensées. Par ailleurs, vos pensées actuelles créent votre vie future, ce à quoi vous pensez le plus, ou sur lesquelles vous vous concentrez le plus, apparaitra dans votre vie. Vos pensées deviennent des choses. Le positif attire le positif » Si vous souhaitez savoir ce à quoi vous pensez, demandez-vous comment vous vous sentez. Les émotions sont des outils qui nous permettent de savoir quelles sont nos pensées conscientes ou non. Par exemple, vous ne pouvez pas vous sentir mal et avoir des pensées positives simultanément. Lorsque vous vous sentez bien, vous émettez des fréquences positives, et vous attirez des choses positives. Certains outils, tels que des souvenirs plaisants, la nature ou de la musique, vous permettent de changer vos sentiments et donc votre fréquence. Le sentiment de l’amour est sur la plus haute fréquence que vous puissiez émettre. NDLR De la même façon, le modèle de Brooke Castillo, expliqué dans cet article, nous explique comment nos pensées impactent nos émotions. La loi de l’attraction nous fournit des outils tels que des souvenirs plaisant, la nature ou la musique. Le modèle de Brooke nous explique comment adapter nos pensées plus d’informations ici. Comment utiliser la loi de l’attraction ? Demander Demandez à l’Univers ce que vous souhaitez, soyez clair et précis dans votre demande. Croire Agissez, pensez, parlez comme si vous avez déjà reçu ce que vous avez demandé. Lorsque vous émettez la fréquence d’avoir reçu, la loi de l’attraction met en scène les personnes, les circonstances et les évènements afin que vous puissiez recevoir. Recevoir Sentez-vous maintenant de la façon dont vous serez lorsque vous aurez reçu. Vous sentir bien maintenant vous mettra sur la fréquence de ce que vous voulez. Commencez avec quelque chose de petit puis, lorsque vous aurez reçu, faites des demandes de plus en plus grandes. Créez votre journée à l’avance en pensant à la façon dont vous souhaitez qu’elle se déroule. Vous allez alors créer intentionnellement votre vie. Loi de l’attraction processus Il existe des processus puissants liés à cette loi L’Attente/espérance Espérez les choses que vous souhaitez et n’espérez pas celle que vous ne souhaitez pas. Autrement dit, ne vous focalisez pas / ne pensez pas au négatif. La Gratitude Soyez reconnaissant pour ce que vous avez déjà, et vous en aurez plus dans votre vie. Ça vous permettra de déplacer votre énergie et d’apporter plus de ce que vous souhaitez dans votre vie. Remercier Remerciez à l’avance pour ce que vous souhaitez, ça renforcera le message que vous envoyez à l’Univers. Visualisation Cette technique consiste à créer des images dans votre esprit de vous-même en train de profiter de ce que vous souhaitez. Lorsque vous visualisez, vous générez des pensées et sentiments puissants d’avoir ce que vous souhaitez. La loi de l’attraction vous renvoie cette réalité vers vous, comme vous l’avez vue dans votre esprit. Afin d’utiliser la loi de l’attraction à votre avantage, faites-en une habitude, ne l’utilisez pas seulement ponctuellement. A la fin de chaque journée, avant d’aller dormir, repensez aux événements de votre journée. Chaque moment qui ne s’est pas déroulé comme vous le souhaitiez, rejouez-le dans votre esprit avec la façon dont vous auriez voulu qu’il se déroule. La loi de l’attraction et l’argent Pour attirer de l’argent, concentrez-vous sur la richesse. Ce n’est pas possible d’attirer de l’argent si vous vous concentrez sur le manque d’argent. Utilisez votre imagination et imaginez-vous avoir déjà l’argent. Sentez-vous mieux à propos de l’argent et l’argent arrivera plus facilement vers vous, durant votre vie. Vous sentir bien maintenant est le moyen le plus rapide pour attirer de l’argent. Soyez attentif à ce que vous souhaitez avoir et dites-vous que vous pouvez l’acheter. Vos pensées changeront et vous commencerez à vous sentir mieux à propos de l’argent. Donnez de l’argent afin d’en avoir plus, lorsque vous êtes généreux avec l’argent et que vous vous sentez bien en le partageant, vous vous dites j’en ai beaucoup ». Pensez à la richesse. La loi de l’attraction et les relations Pour avoir une relation, vérifiez que votre argent, vos mots, actions et environnement ne contredisent pas vos désirs. Traitez-vous avec amour et respect afin d’attirer des personnes qui vous traiteront de la même manière. Lorsque vous vous sentez mal à votre égard, vous bloquez l’amour et attirer des personnes et situations qui continueront à vous sentir mal. Concentrez-vous sur vos qualités que vous aimez et la loi de l’attraction vous montrera plus de choses positives à propos de vous. Afin qu’une relation fonctionne, concentrez-vous sur ce que vous appréciez chez l’autre personne, et non ce dont vous vous plaignez. Lorsque vous portez votre attention sur les forces, vous en aurez plus. La loi de l’attraction et la santé L’effet placébo est un exemple de la loi de l’attraction. Lorsqu’un patient pense vraiment qu’un médicament va le soigner, il y croit et guérit. Nous pouvons tous nous concentrer sur une santé parfaite, malgré ce qui se passe à l’extérieur. Les rires attirent la joie, relâchent le négatif et conduisent à des miracles. La maladie est tenue dans nos corps par les pensées, l’observation de la maladie et l’attention portée à cette maladie. Si vous ne vous sentez pas très bien, n’en parlee pas. Si vous écoutez des personnes vous parler de leur maladie, vous ajoutez de l’énergie à leur maladie. Concentrez-vous sur la santé et la jeunesse. La loi de l’attraction, le monde et votre vie Vous attirez ce à quoi vous résistez car vous vous concentrez dessus. Pour changer quelque chose, émettez de nouveaux signaux avec vos pensées et vos émotions. Vous ne pouvez pas aider le monde en vous portant votre attention sur le négatif. Au lieu de vous concentrer sur les problèmes du monde, prêtez votre attention et votre énergie à la confiance, à l’amour, l’abondance, l’éducation et la paix. Nous ne serons jamais à court de positif car il y en a bien assez pour tout le monde. Priez et bénissez tout dans le monde et vous allez dissoudre le négatif et vous aligner avec la plus haute fréquence, l’amour. Tout est énergie. Laissez les difficultés de votre passé, les codes culturels et les croyances sociales. Vous êtes les seuls à pouvoir créez la vie que vous désirez. Un raccourci pour manifester vos désirs est de les voir comme un fait absolu. Votre pouvoir est dans vos pensées ; donc rester alertes. Remplissez le tableau de votre vie avec ce que vous souhaitez. La seule chose que vous devez faire est de vous sentir bien. Plus vous utilisez le pouvoir à travers vous, plus vous allez attirer de pouvoir. Faites ce que vous aimez. Le pouvoir est à vous. Vous désirez en savoir plus ? 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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 2321 Un tailleur de pierre, Colin arrive à Amiens. Il a choisi cette ville parce qu’avant de mourir dans un incendie, son père, maître Aurèle, était le maître du chantier. Ainsi, son rêve est de suivre la voie de celui-ci. Mais depuis qu’il est arrivé sur le chantier, les accidents et les meurtres se succèdent de façon mystérieuse. Il est lui-même victime de plusieurs tentatives de meurtres ainsi que plusieurs de ses amis. Colin va alors enquêter. Son enquête se passe sur la plus haute tour de la cathédrale. En ce lieu, il découvre l’identité du meurtrier, le maître d’œuvre. Alors que ce dernier s’apprête à le tuer, le cracheur de feu, porté disparu et son père ont survécu a l’incendie de l’auberge. Colin se jette dans les bras de son père. Mon avis Je pense que ce livre est très bien. D’une part, il y a beaucoup de mystères. D’autre part, je ne pensais pas que le père aurait survécu et donc cela crée du suspense. De plus, la période du Moyen-âge me plaît. Clémence LC, 5C, 18/10/2012 Publié par Clémence, 5C - dans N
12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 1524 Résumé établi par Bernard Martial professeur de lettres en CPGE Traduction de Josée Kamoun, Folio n°4637 entre parenthèses n° des pages dans cette édition Ce résumé ne remplace pas la lecture du texte intégral dont il ne prétend pas reproduire les qualités littéraires. Chapitre 1, à 70. 1 Juin-octobre 1940 Lindbergh ou la guerre C’est la peur qui préside à ces Mémoires, une peur perpétuelle. Certes, il n’y a pas d’enfance sans terreurs, mais tout de même aurais-je été aussi craintif si nous n’avions pas eu Lindbergh pour président, ou si je n’étais pas né dans une famille juive ? » En juin 1940, la convention républicaine de Philadelphie se choisit comme candidat à la présidence le héros américain et aviateur mondialement connu Charles A. Lindbergh. Mon père, Herman Roth, âgé de 39 ans, était agent d’assurances, ma mère, Bess Finkel, en avait 36 et gérait la paie que mon père rapportait ; mon frère, Sandy, prodige du dessin, âgé de 12 ans 11 était en 5e. Quant à moi, j’étais au CE2, avec un trimestre d’avance et je me passionnais pour la philatélie comme le Président Roosevelt ; j’avais alors 7 ans. On habitait alors au 1er étage d’un pavillon à 3 appartements au 81 Summit Avenue, dans le quartier de Weequahic, au sud-ouest de Newark 12 … Histoire du quartier…Description du quartier…Situation géographique de Summit Avenue et de Newark, non loin de New-York... Nous étions une famille heureuse en 1940 dans un quartier juif modeste ; les Juifs plus aisés habitaient plutôt près de Weequahic Park 13-14. On distinguait les voisins par leur travail plus que par leur religion. Chacun vivait son judaïsme de façon discrète. Israël n’existait pas encore ; en Europe, six millions de Juifs n’avaient pas encore cessé d’exister ; quant à la lointaine Palestine, sous mandat britannique depuis 15 la dissolution par les alliés des provinces reculées du défunt Empire ottoman, en 1918, son importance locale était pour moi un mystère. » L’anecdote du quêteur pour la création d’un état juif. Tous les matins à l’école, c’était au drapeau de cette patrie-là que je prêtais allégeance. Je chantais ses merveilles avec mes camarades de classe lors du rassemblement matinal. Je suivais avec zèle les fêtes nationales, sans jamais me demander ce que représentaient pour moi les feux d’artifice du 4 Juillet, la dinde de Thanksgiving ou les doubles matches de Declaration Day. Notre patrie, c’était l’Amérique. Et puis les républicains investirent Lindbergh, et tout changea ». Pendant près d’une décennie, Lindbergh fut un héros dans notre quartier comme partout ailleurs. Sa traversée de l’Atlantique en solitaire – trente-trois heures et demie sans escale pour allier Long Island à Paris – aux commandes de son minuscule monoplace, le Spirit of Saint Louis, coïncidait même avec le jour du printemps 16 1927 où ma mère s’était découverte enceinte de mon frère aîné. » Le dessin fait par Sandy, à l’âge de 9 ans, immortalisant la conjonction de ces ceux événements ma mère, jeune femme de 23 ans, au croisement de Broad Street et de Market Street, montrant le Spirit of Saint Louis volant au-dessus de la ville. Je n’étais pas né et Sandy avait 4 ans quand, en mars 1932, le premier enfant de Charles et Anne Morrow Lindbergh 17, né 20 mois plus tôt fut enlevé de la maison familiale de Hopewell, dans le New Jersey. Son corps fut retrouvé 10 semaines plus tard, dans les bois, à quelques kilomètres de là. En février 1935, à Flemington, dans le New Jersey, Bruno Hauptmann, un allemand de 35 ans du Bronx, fut reconnu coupable. L’audace de Lindbergh s’auréola d’une douleur qui fit de lui un titan martyr ». A la suite du procès, les Lindbergh quittèrent l’Amérique pour protéger leur deuxième enfant et s’installèrent dans un village anglais et de là Lindbergh entreprit des visites privées en Allemagne nazie, ce qui lui vaudrait une image de traître aux yeux de la plupart des Juifs américains ». Cinq voyages lui permirent de constater l’ampleur de la machine de guerre allemande ; il fut reçu fastueusement par le maréchal Goering et décoré en grande pompe au nom du Führer 28 juillet 1936 ; il ne cacha pas la 18 haute estime en laquelle il tenait Hitler, et déclara que l’Allemagne était le pays le plus intéressant au monde, et son leader un grand homme » - admiration et intérêt qui venaient après l’adoption des lois raciales déniant leurs droits civiques et sociaux, ainsi que leurs titres de propriétés, aux Juifs allemands, annulant leur citoyenneté et leur interdisant le mariage avec les Aryens. » Lorsque j’entrai à l’école en 1938, le nom de Lindbergh soulevait chez nous la même indignation que les prêches radiophoniques du père Coughlin, prêtre de Detroit, rédacteur en chef d’un hebdomadaire d’extrême-droite antisémite social Justice. Novembre 38, le plus terrible pogrom de l’histoire moderne, la Kristallnacht, fut déchaîné par les nazis dans toute l’Allemagne. On suggéra alors à Lindbergh de rendre la croix d’or mais il refusa. Lindbergh fut le premier Américain vivant célèbre que j’appris à détester, tout comme le président Roosevelt 19 était le premier Américain vivant célèbre qu’on m’apprit à aimer. Voilà pourquoi, lorsque, en 1940, les républicains l’investirent comme adversaire de Roosevelt, ce fut le premier coup de butoir contre l’immense capital de sécurité personnelle que j’avais tenu pour acquis, moi l’enfant américain de parents américains qui fréquentais l’école américaine d’une ville américaine, dans une Amérique en paix avec le monde. » La seule menace comparable était survenue 13 mois auparavant. Mon père qui travaillait pour l’agence de Newark de la Metropolitan Life s’était vu offrir une promotion en tant que directeur adjoint du personnel de l’agence d’Union à une dizaine de kilomètres de chez nous 20 dans une ville où nous serions les seuls Juifs. Ma mère était contrariée 21, ne voulant pas revivre ce qu’elle avait vécu dans son enfance à Elizabeth, fief de la classe ouvrière irlandaise. A Newark, elle s’était investie auprès des parents d’élèves et avait lancé l’idée d’un bal au profit des petits polios. En aménageant à Union 22 elle perdrait son statut. Alors qu’ils vont faire une visite de reconnaissance à Union, une guinguette bavaroise à un carrefour, en lien avec le Bund germano-américain provoque la colère de mon père 23. Mon père dut prendre une matinée de congé pour se rendre à l’agence mère de New-York, au 18e étage du 1 Madison Avenue, pour annoncer à Hatcher qu’il déclinait la promotion. Ma mère se sentait coupable 24. Mon père essaya de la rassurer 25 en évoquant une discussion qu’il avait eue avec Sam Peterfreund, son patron à Newark 26. En avril 1939, les Lindbergh rentrèrent en Amérique ; Charles fut nommé colonel de l’armée et sillonna le pays pour faire la promotion de l’aviation américaine. Après l’annexion de l’Autriche, la soumission de la Tchécoslovaquie, l’invasion de la Pologne, du Danemark, de la Norvège, de la Hollande, de la Belgique et de la France, le colonel de l’armée de l’air devint l’idole des isolationnistes et l’ennemi de Roosevelt – en se donnant pour nouvelle mission d’empêcher l’Amérique de se laisser entraîner dans le conflit ou de proposer d’aider en quelque façon les Anglais ou les Français ». Ouvertement hostile à Roosevelt, Lindbergh, avec l’appui des Républicains accusa le Président de vouloir faire entrer le pays dans le conflit 27 et désigna, dans son discours de Des Moines parmi les principaux groupes qui poussaient le pays à la guerre » un groupe qui ne constituait même pas trois pour cent de la population et qu’il nommait tantôt le peuple juif », tantôt la race juive ». Le lendemain, ces accusations lui attirèrent les foudres de la presse libérale, de l’attaché de presse de Roosevelt, des agences et organismes juifs, et chez les Républicains du gouverneur Dewey et de l’avocat 28 général Wendell Willkie. Sous les critiques sévères du ministre de l’Intérieur Harold Ickes, Lindbergh démissionna de son poste de colonel de réserve mais il reçut le soutien d’America First et demeura le prosélyte le plus populaire de la neutralité. Beaucoup de membres de cette association croyaient dur comme fer, et au mépris des faits, que, comme le soutenait Lindbergh, les Juifs constituaient un danger majeur en raison de leurs capitaux et de leur influence dans l’industrie du cinéma, de la presse, la radio et au gouvernement. » Lorsque, dans ses écrits, Lindbergh faisait fièrement état du sang européen qui est notre héritage », lorsqu’il mettait ses concitoyens en garde contre sa dilution par des races étrangères », et son infiltration par un sang inférieur » autant de formules qu’on retrouve dans les entrées de ses journaux intimes de l’époque, il consignait là des convictions personnelles partagées par une proportion considérable de membres lambda de l’organisation America First, ainsi que par un électorat virulent dont l’ampleur dépassait largement les inquiétudes d’un juif comme mon père avec toute sa haine de l’antisémitisme, ou d’une Juive comme ma mère avec sa méfiance invétérée vis-à-vis des chrétiens. » 29 Le jeudi 27 juin 1940, mes parents et notre cousin Alvin comme tous les voisins du quartier favorables à FDR suivaient à la radio débats de la Convention républicaine. Au 6e tour, la convention était divisée entre Dewey, Willkie, Vandenberg, sénateur du Michigan et Taft, sénateur de l’Ohio. Personne n’avait encore prononcé le nom de Lindbergh retenu par un congrès d’ingénieurs dans une usine du Midwest 30. Alors que les républicains étaient dans l’impasse au 20e tour, Lindbergh fit une entrée triomphale à 3h18 du matin, en combinaison d’aviateur. Le sénateur du Dakota du Nord Gerald P. Nye, isolationniste d’extrême-droite qui avait préparé cette entrée proposa illico l’investiture de Lindbergh, immédiatement soutenue par les députés Thorkelson du Montana et Mundt, du Dakota du Sud. A 4 h du matin, le vendredi 28 juin, le Parti 31 républicain investit par acclamation le candidat nationaliste qui a préféré dénoncer les Juifs aux auditeurs de toute la nation comme d’autres peuples usant de leur influence énorme pour mener le pays à la destruction » au lieu de reconnaître en eux une toute petite minorité de citoyens écrasés en nombre par leurs compatriotes chrétiens, des Juifs que, sauf exception, le préjugé religieux exclut de la sphère publique, et qui ne sont certes pas moins loyaux envers la démocratie américaine qu’un admirateur d’Adolf Hitler. » Les cris de stupeur et de colère de tout le quartier nous réveillent 32. Tout le monde était dans la rue à 5h. J’essayais de me rassurer en me disant que Lindbergh n’avait pas répété à la convention ses calomnies contre les Juifs 33 mais les hommes descendus dans la rue y voyaient au contraire un moyen perfide de nous faire taire. Hitler en Amérique ! » criaient les voisins ; Le fascisme en Amérique ! Des SS en Amérique ! » On imaginait le pire avant qu’au matin chacun ne reprenne ses activités. A 4 h du matin, 34 Roosevelt apprenant la nouvelle aurait déclaré quand tout ça sera fini, ce jeune homme va regretter non seulement d’être entré en politique, mais même d’avoir appris à piloter » avant de se rendormir. Mais dans la rue, l’investiture de Lindbergh avait suffi à réveiller la hantise atavique de n’avoir aucun défenseur », oubliant sur le coup que Roosevelt avait nommé Felix Frankfurter à la Cour Suprême, Henry Morgenthau aux Finances et choisi Bernard Baruch comme conseiller, que Mrs Roosevelt, Ickes, le vice-président Wallace et le président lui-même étaient connus pour être l’ami des Juifs, qu’il y avait la Constitution des Etats-Unis, les droits civiques, les journaux, la presse américaine libre. Le Newark Evening News et PM tabloïd new-yorkais gauchiste 35 s’en prenaient aux républicains et à Lindbergh, y compris en page des sports article de Tom Meany. On publiait une photo de la médaille nazie et du candidat en train de serrer la main de Hermann Goering en 1938. Le dimanche soir, l’émission de Walter Winchell, à la radio 36 redonna du courage à tous les gens du quartier qui sortirent se promener dans la rue tout ça parce que venait de déclarer la guerre à Lindbergh le Juif américain le plus connu après Albert Einstein ». Le chroniqueur canaille de Broadway Winchell 37, pote d’Edgar J. Hoover, voisin du mafieux Frank Costello, confident des proches de Roosevelt, avait été le premier à faire des fascistes et des antisémites ses bêtes noires, baptisés rat-zis », les bundistes germano-américains, à harceler leur leader Fritz Kuhn, le dénonçant comme espion à la solde de l’étranger et à dénoncer la philosophie pronazie » de Lindbergh à ses 30 millions d’auditeurs du dimanche soir, il avait stigmatisé son investiture comme la plus grande menace contre la démocratie 38 américaine, et il n’en avait pas fallu davantage pour que les familles juives de la toute petite Summit avenue ressemblent de nouveau à des américains jouissant de la vitalité et de la bonne humeur que procure ne citoyenneté sûre, libre et protégée, au lieu d’errer en tenue de nuit comme des fous échappés d’un asile. » Les dons pour le dessin de mon frère 39. Il avait gagné un concours d’affiches pour la fête d’Arbor Day, la fête des Charmilles, en s’inspirant d’un timbre de ma collection personnelle. - Long passage sur la passion philatélique de Philip, sur l’affiche de Sandy, les petits boulots qu’il fait pour s’acheter du matériel de dessin 40 à 43. J’avais le plus grand respect pour mon grand frère promis à un grand avenir ; à cette époque, j’étais le bon petit obéissant. Pour ses 12 ans, il avait reçu un grand carton à dessin et il s’était lancé dans une série de tableaux ma mère montrant le Spirit of Saint Louis, plusieurs héros des airs, une série de grands Américains 44, le président Roosevelt et son épouse, le maire de New-York Fiorello La Guardia, le secrétaire général du syndicat des mineurs John L. Lewis, la romancière Pearl Buck, … des membres de notre famille, dont notre grand-mère paternelle qu’oncle Monty amenait chez nous le dimanche. Quelques jours après l’émission de Winchell qu’il était censé avoir déchirés, alors que nous étions seuls à la maison, Sandy sortit de son carton à dessin trois portraits de Lindbergh 45, en me demandant de ne pas en parler à mes parents. Il va être président, m’annonça mon frère » […] Lindbergh va battre Roosevelt. l’Amérique sera fasciste » et Alvin va s’engager dans l’armée canadienne 46. Je ne dis rien car le 3e timbre le plus ancien de ma collection se trouvait être celui qui commémorait la traversée de l’Atlantique par Lindbergh. Il avait servi de modèle à Sandy et ne cesserait de prendre de la valeur 47. Pendant ces longs mois de vacances, on joua à un nouveau jeu Je déclare la guerre » 48. Le 18 juillet 1940, la convention démocrate de Chicago investit Roosevelt pour un troisième mandat. Pour des familles comme la nôtre il incarnait l’espoir depuis huit ans. Que des Américains puissent lui préférer Lindbergh était impensable 49 en tout cas pour un petit Américain comme moi qui n’avait jamais connu d’autre voix présidentielle. Quelques dix semaines plus tard, le samedi précédent la fête du Travail, Lindbergh créa la surprise en atterrissant sur le champ d’aviation de Long Island d’où il était parti 13 ans plus tôt au lieu de participer à un défilé en voiture dans le fief antisémite du père Coughlin et de Henry Ford, à Detroit. Tous les médias étaient là le lendemain matin quand il décolla à bord du Spirit of Saint Louis pour donner le coup d’envoi de sa campagne 50. Il fut accueilli par la foule à l’aéroport de Los Angeles alors que les démocrates dénonçaient ce vol d’amusette orchestré par le staff de Lindbergh ». Mais c’est bien lui seul qui avait pris cette décision. Sans retirer son casque de cuir et ses lunettes de pilote 51, il fit son discours de 53 mots Si je me présente à l’élection présidentielle, dit-il à la foule bruyante lorsqu’elle eut fini de scander son nom, c’est que je cherche à préserver la démocratie américaine, en empêchant l’Amérique de s’engager dans une nouvelle guerre mondiale. C’est simple vous avez fait le choix, non pas entre Charles A. Lindbergh et Franklin Delano Roosevelt, mais entre Lindbergh et la guerre. » puis repartit pour San Francisco à bord de son avion. A la tombée de la nuit, il était à Sacramento. A chacun de ses atterrissages, on aurait dit que le krach boursier, que la crise n’avaient pas existé et que personne ne songeait à la guerre. Au cours du mois et demi suivant, il entreprit de 52 passer une journée complète dans chacun des 48 Etats, faisant des sauts de ville en ville et diffusant son message à la radio il est à présent trop tard pour empêcher la guerre en Europe, mais il n’est pas trop tard pour empêcher l’Amérique de s’y engager. FDR leurre la nation. L’Amérique sera conduite à la guerre par les fausses promesses de paix de son président. C’est simple, vous avez le choix entre voter pour Lindbergh ou voter pour la guerre. » Les démocrates tournèrent en dérision sa tournée des granges » en l’assimilant aux cascades de sa jeunesse. Roosevelt ne se donna pas la peine d’ironiser sur cette campagne, parlant de Churchill et de ses craintes de voir l’Allemagne 53 envahir l’Angleterre, des fonds nécessaires pour la première conscription, et pour se démarquer du cirque de Lindbergh » expression du ministre Hicks décida de rester à la Maison-Blanche. A deux reprises l’avion de Lindbergh fut pris dans la tempête et il fallut du temps pour rétablir le contact. Le jour du bombardement de la cathédrale Saint-Paul à Londres, un message annonça qu’on avait vu le Spirit of Saint Louis s’écraser dans les Alleghenies ; l’avion, victime d’ennuis mécaniques, s’était posé en catastrophe dans les montagnes à l’ouest de Philadelphie 54. Pendant les heures d’incertitude, mes parents restèrent prudents. Parmi ceux qui attendaient Lindbergh quand il atterrit à Newark en octobre, se trouvait le rabbin Lionel Bengelsdorf de B’nai Moshe, première synagogue de la ville mais progressivement délaissée par les croyants prospères pour les synagogues libérales, comme B’nai Jeshurun et Oleb Shalom, ou l’autre synagogue conservatrice, B’nai Abraham 55 du rabbin Joachim Prinz qui avait remplacé Julius Silberfeld l’année précédente. Biographie du rabbin Bengelsdorf, né en 1879 en Caroline du Sud, animateur d’une émission religieuse sur la station WNJR, auteur de livres de poésie religieuse, amis des rabbins Silberfeld et Foster de B’nai Jeshurun, polyglotte, 56, érudit, excellent orateur et cavalier, veuf depuis 1936 et résidant sur Elizabeth Avenue, la demeure familiale depuis son mariage en 1907. En 1940, il détenait le record de longévité dans le même temple et avait été désigné par les journaux comme 57 le chef spirituel de la communauté juive du New Jersey. En 1915, au cours du 250e anniversaire de la fondation de Newark, il s’était trouvé aux côtés du maire Raymond pour prononcer l’invocation qu’il prononçait tous les ans aux défilés du 11 novembre et du 4 juillet et que reproduisait Le Star Ledger. Dans les sermons et les discours où il faisait du développement des idéaux américains » la priorité des Juifs et de l’américanisation des Américains » le meilleur rempart de la démocratie contre le bolchévisme, le radicalisme et l’anarchisme », il citait souvent Theodore Roosevelt et son dernier message à la nation il n’y a pas de double allégeance ici. Tout homme qui se dit américain, mais aussi autre chose, n’a rien d’américain. Nous n’avons place que pour un seul drapeau, le drapeau américain. ». Il était beaucoup sollicité pour parler de cette américanisation, de la réinsertion des détenus 58, des causes de la guerre, des crèches, des maux de l’ère industrielle, du mouvement des suffragettes auquel il était hostile. Mon oncle Monty le détestait il sait tout cet enfoiré phraseur. Dommage qu’il ne sache rien d’autre. » Bien des Juifs de la ville, dont mes parents, avaient été consternés de voir le rabbin Bengelsdorf serrer la main à Lindbergh à sa descente d’avion et lui apporter son soutien Je suis venu lever tout doute sur la loyauté absolue des Juifs américains envers les Etats-Unis d’Amérique. J’apporte mon soutien à la candidature du colonel Lindbergh parce que les objectifs politiques de mon peuple sont les 59 mêmes que les siens. L’Amérique est notre patrie bien-aimée. L’Amérique est notre seule patrie. Notre religion n’a pas besoin d’un territoire autre que ce grand pays, auquel, aujourd’hui comme hier, nous assurons notre dévotion sans faille et notre allégeance sans partage, nous qui en sommes les plus fiers citoyens. Je veux que Charles Lindbergh soit mon président, et cela non pas bien que je sois juif mais parce que je suis juif – juif américain. » Trois jours plus tard, Bengelsdorf participait au meeting de Madison Square Garden, à deux semaines des élections. Lindbergh progressait dans les Etats démocrates du sud mais les sondages donnaient encore une avance confortable au président sortant dans l’électorat populaire et chez les grands électeurs. Les leaders du Parti républicain, inquiets de la stratégie du candidat avaient eu l’idée d’organiser ce meeting qui serait retransmis sur les ondes le soir du deuxième lundi d’octobre. On avait sélectionné quinze orateurs 60 issus de toutes les couches sociales pour présenter le candidat un dirigeant de fédération agricole, un leader syndical, un patron, un pasteur protestant, un prêtre catholique, qui tous convergeaient sur les conséquences désastreuses d’une entrée en guerre. Puis Bengelsdorf monta à la tribune pour expliquer que les rapports de Lindbergh avec les nazis n’étaient pas des rapports de complicité. » - Ouais, dit Alvin. Ils l’ont acheté. Il est piégé. Ils lui ont passé un anneau dans son gros nez juif et maintenant ils le mènent où ils veulent. ». Mon père essaya de le tempérer. La veille, j’étais tombé de mon lit en dormant 61. On attribua cette chute à l’apparition de Lindbergh à Newark mais j’étais plus préoccupé par les dessins interdits de Sandy et par mes timbres à l’effigie de Lindbergh. Tout le monde guettait les paroles du rabbin à la radio 62, les uns demandant sa démission, les autres invoquant la liberté d’expression tout en le voyant avec horreur prendre parti publiquement pour Lindbergh. Il justifiait le voyage du pilote en Allemagne dans les années 30 il n’était pas sympathisant d’Hitler, il ne trahissait pas l’Amérique mais agissait comme conseiller secret du gouvernement avec la mission de transmettre des informations à l’armée américaine. La médaille nazie de 36 ? un subterfuge ! pendant ce temps-là, il exploitait secrètement leur admiration pour protéger et préserver notre démocratie, et préserver notre neutralité en nous rendant plus forts. » 63 Mon père et Alvin n’en pouvaient plus. cette guerre n’est pas la guerre de l’Amérique » ajouta Bengelsdorf en rappelant le coût de la Première Guerre mondiale pour les Etats-Unis et celui d’une nouvelle implication. Il enchaîne sur une justification oiseuse de la neutralité malgré l’antisémitisme Bien sûr, ces nazis qui tourmentent et persécutent les juifs allemands me procurent une angoisse terrible, comme à tous les Juifs. J’ai étudié la théologie dans les grandes universités de Heidelberg et de Bonn pendant de longues années, et je m’y suis fait beaucoup d’amis éminents, de grands savants. Aujourd’hui, simplement parce qu’ils sont d’origine juive, ils ont été démis de postes universitaires qu’ils occupaient depuis longtemps et ils sont impitoyablement persécutés par les voyous nazis au pouvoir dans leur patrie. Je suis opposé à ces pratiques 64 de toute ma force et le colonel Lindbergh y est opposé lui aussi. Mais si notre grand pays entre en guerre contre leurs bourreaux, le sort cruel de tous les juifs allemands sera-t-il meilleur ? Au contraire, il ne fera qu’empirer de façon considérable, que dis-je ? tragique. Oui, je suis juif, et en tant que tel je ressens leur souffrance comme un membre de leur famille. Mais je suis citoyen américain, mes amis… Je suis né en Amérique, j’ai grandi en Amérique, et c’est pourquoi, je vous le demande, quel réconfort devrais-je trouver à ce que l’Amérique entre dans la guerre et que, outre les fils de nos familles protestantes et ceux de nos familles catholiques, les fils de nos familles juives doivent partir se battre en Europe et mourir par dizaines de milliers sur un champ de bataille gorgé de sang ? Quel réconfort trouverais-je à devoir consoler mes propres fidèles ? » Tout le monde écouta le discours jusqu’à la fin, sauf ma mère qui avait déjà quitté la pièce 65. Lindbergh monta à la tribune. Mais enfin, bon Dieu, qu’est-ce qui se passe ? se mit à crier mon père. Pourquoi il a fait ça, bon dieu ? quel discours imbécile ! il se figure vraiment qu’après ce discours idiot, et des mensonges, un seul Juif va voter pour cet antisémite ? Il a complètement perdu la boule ? Où il veut en venir ? - Il cashérise Lindbergh, dit Alvin. Il cashérise Lindbergh à l’usage des goyim. […] Il est venu parler aux goyim, leur accorder sa bénédiction de rabbin s’ils veulent voter Lindbergh aux élections. Tu vois pas, oncle Herman, ce qu’n vient de lui faire, au 66 grand Bengelsdorf ? Il vient d’assurer la défaite de Roosevelt. » Cette nuit-là, je tombai encore de mon lit après avoir fait un cauchemar concernant ma collection de timbres que j’avais sortie pour me rendre chez mon ami Earl Axman camarade de 10 ans, élève de CM2 dont les parents étaient divorcés – le père, Sy, musicien dans l’orchestre Casa Loma, la mère Louise Swig 67, chanteuse- c’est Earl qui m’avait tout appris sur les timbres 68. A la page 32 de ma collection, le portrait de Washington 69 avait été remplacé par celui d’Hitler, et sur la page d’en face, les dix timbres de 1934 sur les parcs nationaux étaient désormais frappés d’une croix gammée noire 70. POT ETHIQUE A LENTS TICS - dans CPGE
le secret de la cathédrale résumé par chapitre